vendredi 31 janvier 2014

Le ranz des vaches - Le Lyoba

 « Lyoba » formule magique, qui à sa simple énoncée suscite l’émotion de tout un peuple même au-delà des frontières fribourgeoises. Cette hymne n’a pas d’origine connue, mais une légende dit que déjà au 18ème siècle les jeunes hommes gruériens, recrutés dans la garde suisse des rois de France avaient le vague à l’âme en entendant cette mélodie. Si bien, qu’ils désertaient ou avaient le mal du pays. C’est pourquoi, il fut interdit de chanter le ranz des vaches sur les champs de bataille sous peine de mort.
Une autre légende (à découvrir grâce à ce lien) raconte que François, jeune armailli, fût visité par trois géants qui lui proposèrent trois jattes. Dans la première se trouvait un liquide qui rendrait le jeune homme très fort et très puissant, la deuxième lui offrirait beaucoup d’or et d’argent. Tandis que la dernière était un chant qui lui ferait gagner le cœur de chaque habitant de la Haute et Basse Gruyère ainsi que dans tout le pays. Le jeune François étant fort amoureux d’une belle n’hésita pas et choisi la troisième jatte.
Lorsque des chanteurs se mettent à fredonner cet air, il n’est pas rare que tout un chacun clame également ces paroles. Mais qu’en est-il de la signification de ces mots patois ?! Ce chant raconte la vie à l’alpage et plus précisément une désalpe. « Lyoba » provient du verbe patois ayôba por ario qui signifie « appeler le bétail pour traire ». Aujourd’hui encore, cette mélodie résonne fréquemment, notamment lors de la fête des vignerons à Vevey, et fait la fierté des fribourgeois. La version actuelle a été arrangée par l’Abbé Bovet et en voici la traduction :

TITRE DU CHANT EN PATOIS:
Lè j’armayi di Kolonbètè

TITRE DU CHANT EN FRANCAIS:
Le Ranz des Vaches


in patê gruvêrin
en français
1
Lè j’armayi di Kolonbètè
Dè bon matin chè chon lèvâ.

Les armaillis des Colombettes
De bon matin se sont levés.

2
Kan chon vinyê i Bachè j’Ivouè
Tsankro lo mè! n’an pu pachâ.

Quand ils sont arrivés aux Basses-Eaux
Le chancre me ronge! Ils n'ont pu passer.

3
Tyè fan no ché mon pouro Piéro?
No no chin pâ mô l’inrinbyâ.

Pauvre Pierre, que faisons-nous ici?
Nous ne sommes pas mal embourbés

4
Tè fô alâ fiêr a la pouârta,
A la pouârta dè l’inkourâ.

Il te faut aller frapper à la porte,
A la porte du curé.

5
Tyè voli vo ke li dyécho?
A nouthron brâvo l’inkourâ.

Que voulez-vous que je lui dise
A notre brave curé.

6
I fô ke dyéchè ouna mècha
Po ke no l’y pouéchan pachâ.

Il faut qu'il dise une messe
Pour que nous puissions passer

7
L’y è j’elâ fiêr a la pouârta
È l’a de dinche a l’inkourâ:

Il est allé frapperà la porte
Et il a dit ceci au curé:

8
I fô ke vo dyécho ouna mècha
Po ke no l’y puéchan pachâ.

Il faut que vous disiez une messe
Pour que nous puissions passer

9
L’inkourâ li fâ la rèponcha:
Pouro frârè che te vou pachâ,

Le curé lui fit sa réponse:
Pauvre frère, si tu veux passer

10
Tè fô mè bayi ouna motèta
Ma ne tè fô pâ l’èhyorâ.

Il te faut me donner un petit fromage
Mais sans écrémer le lait.

11
Invouyi no vouthra chèrvinta
No li farin on bon pri grâ.

Envoyez-nous votre servante
Nous lui ferons un bon fromage gras.

12
Ma chèrvinta l’è tru galéja
Vo porâ bin la vo vouêrdâ.

Ma servante est trop jolie
Vous pourriez bien la garder

13
N’ôchi pâ pouêre, nouthron prithre,
No n’in chin pâ tan afamâ.

N'ayez pas peur, notre curé
Nous n'en sommes pas si affamés

14
Dè tru molâ* vouthra chèrvinta
Fudrè èpè no konfèchâ.

De trop "moler" votre servante
Il faudra bien nous confesser

15
Dè prindre le bin dè l’èlyije
No ne cherin pâ pèrdenâ.

De prendre le bien de l'Eglise
Nous ne serions pas pardonnés

16
Rètouârna t’in mou pouro Piéro
Deri por vo on’Avé Maria.

Retourne-t'en, mon pauvre Pierre
Je dirai pour vous un Ave Maria.

17
Prou bin, prou pri i vo chouèto
Ma vinyi mè chovin trovâ.

Beaucoup de biens et de fromages vous souhaite
Mais venez souvent me trouver.

18
Piéro rèvin i Bâchè j’Ivouè
È to le trin l’a pu pachâ.

Pierre revient aux Basses-Eaux
Et tout le train a pu passer

19
L’y an mè le kiô a la tsoudêre
Ke n’avan pâ la mityi aryâ.

Ils ont mis le kio à la chaudière
Avant d'avoir à moitié trait

R

E

F
R
A
I
N

Redzingon
1-3-5-7-9-11-13-15-17-19: Lyôba, lyôba, por aryâ (bis). Vinyidè totè, byantsè, nêre, Rodzè, mothêlè, dzouvenè ôtrè,
Dèjo chti tsâno, yô vo j’âryo, Dèjo chti trinbyo, yô i trintso, Lyôba, lyôba, por aryâ (bis).


Refrain
1-3-5-7-9-11-13-15-17-19: Lyôba (appel des vaches) pour traire (bis).
Venez toutes, les blanches, les noires,
les rouges, les étoilés sur la tête les jeunes, les autres,
Sous ce chêne où je vous traie,
sous ce tremble où je fabrique le fromage, Lyôba, lyôba, pour la traite (bis).



Sources : Albert Bovigny, tiré du site www.lyoba.ch

Carina 

2 commentaires:

Gottfied Türler a dit…

Pourquoi on chante uniquement le premier verse? Des fois le second, mais jamais plus? Et pourquoi on le chante comme un chanson de noëlle. Les paroles sont d'un charactère très différent.

Fribourg Région a dit…

Le Lyoba est considéré dans notre canton comme un « hymne national » fribourgeois.
Tous les complets sont régulièrement chantés par les chœurs du canton de Fribourg. Peut-être que populairement, souvent, seul le premier couplet est repris pour des raisons de connaissance des paroles par cœur mais dans un cadre officiel de concerts, tous les couplets sont en général chantés.
Nous chantons cet hymne tout au long de l’année et n’a aucun lien avec la période de Noël.